Témoignages

Séance de démonstration

 L’étrangeté de la salle et la préparation à la séance m’ont un peu excitée; j’étais anxieuse de  découvrir ce qui allait m’arriver, allais-je aimer? La table aurait-elle un effet sur moi? La nouveauté m’a toujours beaucoup attirée, alors je me sentais très curieuse et ouverte à l’expérience. Dès le début, la noirceur enveloppante de la salle m’a offert une détente instantanée. Le sentiment d’être seule dans l’obscurité presque totale m’a libéré des regards des autres et de moi-même; je pouvais enfin être seule avec ma pensée sans la stimulation oculaire continuelle à laquelle je suis perpétuellement exposée. J’ai  commencé à m’analyser moi, mon esprit et mon corps; quel bonheur déjà, quelle paix! J’ai attendu quelques instants car je me sentais  un peu appréhensive. J’avais  peur que le son soit trop fort pour mon audition sensible) et la musique débute…

Cette première partie de la séance a fait naitre en moi un sentiment de leadership ainsi qu’une envie très forte de guérir les autres. Je me sentais prête à conquérir le monde avec des actions concrètes, sans  rêveries ni subterfuges. J’avais un peuple à guider.

Dès le premier instant, j’ai su qu’une émotion incommensurable était prête à jaillir de mon esprit. Les pleurs  débutent à la troisième note et un terrible vide s’installe dans mon cœur. Je pleure très fort et je croise les bras sur moi pour me protéger et pour me réconforter de cette immense beauté qui m’envahie. C’est tellement beau, tellement triste et on dirait que ça évoque tellement de souvenirs…de doux souvenirs d’une époque révolue ou j’étais heureuse et comblée. Une époque  lointaine où j’ai perdu ce que j’avais de plus précieux. La sensation de vide et de manque d’amour était insupportable. Des images  de moi seule avec une belle robe longue de couleur pêche dans une salle de balle, proche des violoncellistes, me sont  apparues . Je  pleurais, et ça faisait mal dans mon âme;  l’air me manquait tellement Il me manquait. Quelqu’un de précieux pour moi m’avait quitté pour une raison obscure car mes sentiments envers Lui étaient ambigus (pas de colère, pas de haine, pas de rancune, juste le manque et le vide). J’avais la certitude que jamais cette lacune ne pourrait être comblée et que des siècles plus tard je Le rechercherai encore.  Je voulais qu’on m’aime inconditionnellement pour ce que je suis. Je me sentais sans amour.  Les larmes coulaient et j’avais froid.

L’inducteur de tristesse s’arrêta laissant la place à d’autres rythmes qui débutaient calmement. Je me calme.  La cadence augmente. J’essuie les larmes qui ruisselaient sur mes joues et je constate qu’une larme intrépide a survécu et à rouler jusqu’à mes lèvres me faisant gouter au doux sel de ma souffrance.  Je me sens un peu confuse et faible. Je ne m’attendais pas à ressentir autant d’émotion et surtout je ne savais pas expliquer la source de toute cette intensité.

Finalement, la musique est extrêmement encourageante et  je me croyais dans une épopée. J’avais la sensation d’être entrainée par cette force vers une explosion des sens.  Je voulais voler, déployé mes ailles et suivre les gens de la chanson afin d’accomplir ma destinée. Ils m’encourageaient, ils voulaient que je les accompagne, leur monde avait tant d’aventure à offrir! La musique allait en crescendo et avec elle mon cœur s’élevait toujours plus haut; c’était délectable et puissant! J’ouvrais mes bras pour recevoir toute l’énergie de l’univers et pour lui en donner la mienne en retour. Je me sentais forte et capable de me guérir de toute énergie malveillante accumulée dans mon corps et dans mon esprit.

Tatiana P.

 Séance de démonstration

D’abord, j’étais très enthousiaste  à essayer la thérapie vibroacoustique. Claude m’avait proposé une trame à thèmes variés pour une première expérience. Au début de la séance, je m’acclimatais. J’écoutais le son et tentais de me laisser porter par les vibrations.

Ma première impression a été de ressentir un inconfort à la hache droite. C’était la douleur sourde d’une ancienne blessure connue qui s’accentuait malgré le confort du lit suspendu dans lequel j’étais couchée. Mon attention alla donc vers cette partie de mon corps et aux vibrations qui faisaient leur effet sous la musique dans le bas de colonne jusqu’à mon pied droit. J’ai senti le besoin de m’étirer et ensuite l’inconfort m’a quitté pour laisser place à la détente. J’écoutais la trame sonore et je me laissais emporter par elle.

À un moment donné, la trame amusante à fait place une musique saccadée. J’avais l’impression d’entendre les sons me crier des insultes. Je me sentais perplexe, car je ne savais pas ce que j’avais fait de mal pour mériter cela. Je me sentais inconfortable, mais j’acceptais et je poursuivais mon expérience.

Ce fut ensuite une musique plus douce avec une voix de femme. J’ai pensé à ma mère et cela m’a rendu triste. J’ai senti le besoin de me faire un câlin à moi-même, J’ai donc pris naturellement la position en me croisant les bras pour m’enlacer et j’ai pensé à mes enfants.

J’ai continué à entendre la musique jusqu’à ce qu’elle change pour un thème plus dynamique. J’avais l’impression d’être possédée par la musique. Je sentais des coups me traverser le corps à de multiples endroits. Je me laissais conduire par l’expérience sans lutter. À ce moment-là, je me suis vue gravir une montagne grise et éclairée au travers de fleurs d’edelweiss. J’ai aussi traversé des ponts suspendus, et je pouvais me voir à vol d’oiseau gravir la montagne. Parfois, je me voyais de moi-même agrippant chacune des roches devant moi au milieu de charmantes fleurs de montagne. Rendue au sommet, j’écartais grand ouvert les bras debout en me voyant à vol d’oiseau vainqueur d’une longue épreuve. Et à ce moment-là, la musique changea pour quelque chose de menaçant. J’étais inquiète, et tout à coup, je me retrouvais dans la jungle, attachée, les bras écartées à des arbres avec l’impression que des cannibales menaçaient ma vie. C’était  sans doute la position que j’avais adoptée sur la table de thérapie. J’avais peur et je n’arrivais pas à voir ce qui se passait autour de moi bien que je sentais des présences.

Tout à coup, j’ai reçu un coup au cœur, et ce fut le noir total. La musique a changé pour une autre trame que je connais cette fois. J’ai l’impression d’être morte avec un coup de couteau au cœur et me voilà aux paradis. J’arrive dans un monde blanc dominé par les couleurs de l’arc-en-ciel. Il y a des milliers d’enfants qui m’accueillent en m’acclamant avec des cris de joie. Il faut dire que la musique comprend un chorus qui alimente cette image à merveille au même instant. Quelques adultes que je semble connaitre viennent à ma rencontre pour me féliciter et me mettent des couronnes de fleurs autour du cou. Je ris et je pleure de joie comme si j’avais gagné le marathon. La musique s’arrête, je reprends mes esprits et j’essuie mes larmes de joie bien réelles celles-là.

Nathalie V

 Séance 31

Aujourd’hui, j’ai touché à trois différents moments.

1) Je suis dans l’utérus et je sens la venue des premières contractions. Je résiste longtemps de tous mes muscles (haut du corps) à quelque chose. Je ne sais pas trop à quoi mais ça peut-être l’anesthésiant qui vient du sang ou les contractions elles-mêmes. Je suis très tendue et je revis cette tension  physique de tout mon corps. C’est la première fois que je touche à cette situation.

2) Ensuite, j’entre dans le processus de la naissance, soit les contractions et les efforts de poussées. Je suis donc en boule et je force pour vrai avec mon visage qui tourne au bleu probablement. Contrairement à d’autres séances, le revécu est tolérable et je ne suis pas submergée par la douleur. Je sens seulement de la pression sur mon corps et surtout ma tête. Je refais la séquence au moins trois fois.

3) Enfin, tout se dirige vers ma tête. Je guéris mon visage, mon front, mes yeux. J’ai des sensations sur ma tempe gauche et le crâne. Je guérie ma peau et mes os. Ce n’est pas douloureux non plus; ça fait partie du processus de guérison. Toutes ces sensations durent plusieurs minutes.

À la fin, il se passe une drôle de chose. Je pense à un cube en trois dimensions, genre cube Rubic. Il se met à tourner dans ma tête très rapidement et dans toutes les directions. C’est comme je retrouvais l’habileté à faire bouger librement des objets dans ma tête. Je me réapproprie une faculté qui était moins performante, une partie de moi. Ça me rend heureuse.

Jasmine F.

Séance 2

Quelle session! Je suis entrée dans une scène plutôt directement. J’ai crié à tue-tête à cause de la violence de la scène. Je criais tellement fort que mon œil droit s’est enfoncé (mon impression) et que ma luette s’est tournée à l’envers (effet réel). Mes joues sont pleines de sang et de chaleur. Mon ventre fait mal et mes yeux sont humides de larmes. Tous les éléments se mettent en place. L’émotion est davantage présente, c’est-à-dire  que j’exprime plus d’émotion que de cries. Vers la fin, je criais et il y a eu superposition de l’état d’anesthésie que j’avais contacté auparavant.

Plus j’avance dans les séances, plus il y a de conversion entre les traumatismes. L’intensité des évènements a fractionné l’expérience et maintenant, le revécu réuni de nouveau les morceaux de l’expérience originale complète.

Sylvia A.

1er séance

Je suis un peu nerveux puisque c’est ma première séance. J’ai un mélange de scepticisme et d’espoir. Or à ma grande surprise, j’ai beaucoup pleuré durant la séance. J’ai appelé ma mère, je l’ai détesté et je l’ai aimé (besoin d’elle). J’ai dit ce que je pensais à chaque fois. La situation n’est quand même pas claire pour moi. Je ne suis pas sûr de ce qui se passe. M’a-t-elle enfermée dans ma chambre encore une fois? Suis-je seul et abandonné à nouveau? Et pourquoi? C’est encore flou mais ça me semble terrible. Je suis terrifié. Après 20 minutes environ, la tension dans mes cuisses est devenue forte.

Ce qui m’impression le plus c’est que je suis incapable de pleurer, même quand j’essaie ou que je suis triste. Pleurer est une fonction inaccessible pour moi. Et là, je suis étendu seul sans parler à personne. Et j’ai pleuré avec des larmes en grands quantité, comment est-ce possible?

Lucien S.

1er séance

Un peu d’appréhension avant. Que pourrait-il arriver? Est-ce que je vais m’empirer ou m’améliorer? Je me lance, Go! Qu’est-ce que j’ai à perdre?

Dès les premières minutes, je me mets à pleurer. Ça a duré toute la séance sans aucune pose, mais avec des exacerbations sur certaines parties de musique. Deux parties me font réagir plus particulièrement. Celle en spirale (je ne sais pas comment la décrire), mais on dirait que la musique tourne. Alors, augmentation des pleurs et de l’émotion que je vivais au moment où les spirales arrivent. Il me semble que  j’ai eu des pleurs associés à plus d’émotions : Peine , colère,  envie, injustice, impuissance. J’ai eu une grande quantité de parties de vie que j’ai « revécues » mais très brièvement pour la plupart. Certaines, je me suis forcé à rester et alors je parlais à la personne pour lui dire qu’il n’avait pas le droit, que personne n’a le droit de faire ça et la colère montait et le pourquoi aussi et l’injustice. Pourquoi moi?? En y repensant, c’est comme si j’ai « revécu » des cycles de 3 ans mais pêle-mêle. Dans aucun ordre précis, mais rétrospectivement à 3, 6, 9, 12, 27, 42, 45 ans et le reste je ne souviens plus des années, mais finalement pas seulement par multiple de 3. Ça ne se peut pas? De toute façon, ce n’est pas important. J’analyse encore, ressentir est mieux dans le contexte. ….

Patrick Q

10e séance

Cette fois-ci très triste, très nostalgique. Mêmes vibrations, à la nuque, aux épaule, et aux fesses, mais cette fois-ci douleur  aux épaules et aux fesses. J’ai même eu des  bâillements ici et là. À peu près une minute après le début, je me suis mise à pleurer et ce, jusqu’à la fin. Le tout a commencé avec le manque ou plutôt l’ennui que j’avais de VN, puis toute une série de potes, d’amis ou de personne importantes dans ma vie à cause des circonstances ou par rejet. Pour plusieurs  de ces situations, je ne me permettais pas de pleurer. Ca a vraiment été tout azimut de ma « tante JJ » , les autres–ma gang du préscolaire et du primaire, ceux du secondaire et ceux de l’université. Mes gangs, mes anciens chums qui m’ont rejeté comme LLLL, quelques-uns du SSSS, etc. C’était un déroulement sans fins de pertes, de deuils que je ne voulais pas vivre.  « On tourne la page », « on passe à autre chose », etc. J’ai souvent répété  ces phrases pour tenter d’apaiser, de refouler les émotions de pertes et de rejet. Je me sens encore triste. Je repense à toutes les fois ou j’étais seule ou je rationnalisais mes émotions. Je repense à ces mauvais souvenirs mais aussi aux pertes de gens qui m’aimaient et que je n’ai pas tenté de retenir et je m’ennuie d’eux. J’ai quelques regrets même si je me dis toujours  « je ne regrette rien de mes gestes et choix que je referais dans les mêmes circonstances ». Au fond, est-ce que ça  cache la vérité? Les regrets sont inutiles car ils sont passés. Il faut aller de l’avant avec de l’action. C’est facile à dire. Malgré tout, je me sens triste, fatiguée et souffrante; beau trio! Demain ca ira mieux toujours, comme je me dis souvent.

Nadia F

 Séance 12

À la première note, je me mettais à pleurer, sans raison d’abord juste par épuisement. J’ai eu en effet une « grosse » journée pour moi. Ensuite, je me suis laissé aller à pleurer sur mon sort. J’ai hurlé que je ne voulais pas de cette médication, ni de cette  … dans ces conditions, j’ai dit que je voulais mourir, j’ai demandé s.v.p. que ça arrête. Je pleurai, je n’en pouvais plus et assez rapidement, j’ai eu des mouvements reptiliens pendant.  J’ai l’impression aussi que mes pleurs puis je suis « partie ». Encore une fois je n’avais plus conscience des sons, des vibrations. J’étais  alors entre deux mondes ou peut-être devrais-je dire entre deux  vies? En  effet, la particularité de ce « partir » là, c’est que ma main gauche est allée serrer mon cou pendant quelque minutes et puis j’ai senti que je venais de me pendre. Je n’y avais jamais pensé mais la douleur se fait sentir d’abord sous le cou et la mâchoire jusqu’à  la mastoïde derrière l’oreille ….

Nadia F